Alliance Française de Philadelphie Library Catalogue
« Écrire un livre sur ma mère. Écrire un peu pour elle, puisque j'écris par elle ; l'idée me poursuivait depuis longtemps. J'ai rêvé que mon livre sur Maman soit autre chose que mon enfance ; que s'y profile aussi quelqu'un de bien avant, quelqu'un de tout ce temps d'avant que je ne pouvais posséder – que ce soit un livre avec elle. » Ainsi est née l'idée de ce livre à deux voix : une mère qui, avec talent, livre les reflets d'une autre époque, et un fils qui, comme en miroir, rapproche les images lointaines. Tableaux superposés, lumières confondues ; avec des mots, le vide doucement peut se changer en transparence – il peut n'être jamais trop tard.
Derrière le comptoir du bistrot des Trapézistes, aux Filles-du-Calvaire, trône Madame Maud, née Rachel Aboulafia, Tunisienne dont la grand-mère alimenta jadis la chronique de La Goulette. Autour d'elle, un petit monde interlope et coloré où se côtoient artistes du Cirque d'Hiver, tout proche, souteneurs, prostitués des deux sexes, rabbins, danseuses, flics et commerçants. Mille et une destinées qui emplissent ce livre baroque, dans le Paris de la première moitié du siècle, ressuscité avec une poésie et une verve qui auraient enchanté Apollinaire et Carco. Une étincelante réussite, couronnée par le prix Goncourt 1991.
"Un héros comme Mangeclous atteint à l'épique. Il y a là, à mon sens, quelque chose sans aucune espèce de comparaison. Il y a du souffle de Rabelais. C'est comme dans Rabelais : on accepte tout. On accepte tout parce qu'il y a un amour du personnage, parce qu'il y a une manière démesurée de le traiter qui fait que simplement on est ébloui." Joseph Kessel. "L'admirable Mangecloux, un grand héros comique d'une drôlerie extraordinaire. Le comique de Mangeclous est juif par sa subtilité, par les récifs de mélancolie qui affleurent soudain, par l'observation féroce et tendre qui le nourrit. Mais ce roman acquiert une portée générale par son humanité, son grand rire salubre, sa verve populaire. Sa fraîcheur, sa fruste saveur, sa robuste simplicité le font accéder à la majesté des légendes populaires et des grandes épopées." Marcel Pagnol. Albert Cohen a publié Solal en 1930, Mangeclous en 1938 et Le livre de ma mère en 1954. En 1968, le Grand Prix du roman de l'Académie française lui est décerné pour Belle du Seigneur. En 1969, il publie Les Valeureux, en 1972, 0 vous, frères humains, et en 1979, Carnets 1978. Il est mort à Genève le 17 octobre 1981.
Arrivé au terme de sa longue traversée du Royaume du Nord, Bernard Clavel, la nostalgie au coeur, reprend son chemin, une dernière fois dans ces immensités blanches où hurle un vent à nul autre pareil. Le « Nordet » souffle sur ses pages qui chantent en forme d'apothéose et de chute, l'esprit des indiens Wabamahigans, leur résistance face aux bâtisseurs de la Baie James et leur lente agonie sur la terre où les avait menés la légendaire Tiska à la poursuite d'un loup blanc. Seule la mort évitera au chef Mestakoshi de voir, de sa tente traditionnelle, son fils et son arrière-petit-fils parmi les Indiens alignés devant le magasin général déchirant à longueur de jour des billets de bingo. Bernard Clavel nous dévoile l'envers d'une épopée. Avec passion, sans manichéisme. Il nous montre du point de vue de ceux qu'on appelait « les maudits sauvages » un des drames les plus poignants des temps modernes : la disparition d'un monde, d'un peuple sous les coups de boutoir de la civilisation. Jamais il ne fut plus inspiré, plus attachant, plus fort.
«Et le mot Paradis a claqué comme une chose fabuleuse. Ce n'était pas lié à la religion, parce que nos parents ne nous avaient pas donné d'éducation de ce côté-là, et pour moi le Paradis n'était pas moins chinois que l'enfer, je ne connaissais rien de ces mythes, mais d'un seul coup, passant par la bouche d'Irwin, le Paradis devenait le fin du fin, le rêve absolu, le sommet, le Paradis quoi et moi le Paradis, je veux connaître.»
Un mois de mai de la guerre. Mitsou, petite danseuse de l’Empyrée-Montmartre, s’apprête à entrer en scène quand surgit dans sa loge son amie Petite-Chose, accompagnée de deux jeunes sous-lieutenants, un kaki et un bleu horizon. Mitsou se montre froide et réservée. Mais elle est bien jolie et le Lieutenant Bleu, avant de retourner au front, lui adresse une lettre. Une correspondance s’établit. Malgré les fautes d’orthographe, des tournures quelque peu populaires, les lettres de Mitsou enchantent le jeune homme ; elle s’y révèle d’une grande pureté de cœur. Chacune des lettres les rapproche et ils finissent par oublier tout ce qui les sépare, jusqu’au jour où le Lieutenant Bleu arrive en permission… On ne quitte pas le théâtre : En camarades, la pièce que Colette écrivit et créa elle-même sur scène en 1909, complète le volume.
C'est l'âge peste. Ça commence à douze ans et il faut tenir jusqu'à leur majorité. Gérer leurs révoltes, réparer les désastres de leurs boums, subir leurs amours calamités. En plus on leur fait honte ; vos tenues comme vos discours, " ça fait trop pitié ". On se sent impuissante, voire coupable, d'autant que le mari est rarement d'accord et distribue à ses jeunes fauves des contre-ordres qui achèvent de les dérouter. Avec humour, Laurence Cochet, ex-froufrouteuse et journaliste à Marie-France, nous fait partager la solitude de la mère d'ados et, mine de rien, tente de trouver des solutions. Comment faire passer les consignes, les motiver, survivre au stress, sauver son couple de ce maelström qui le met parfois en danger, et continuer d'aimer tout le monde... Ne me parle pas sur ce ton ! Un livre qui va passionner, amuser, édifier toutes les mères d'adolescents, et que les pères feraient bien de lire eux aussi. Pas facile tous les jours d'être une mère d'ado ! Ça commence à 12 ans, lorsque l'adorable rejeton se transforme en une sorte de machine à problèmes, agressive et égocentrique... Dès lors, tout ce qui vient des parents est " trop nul ". Pire : les parents font " trop honte ". C'est ce passage délicat, pour l'ado comme pour la mère, que décrit Laurence Cochet avec humour et pragmatisme. Comment gérer leurs crises, leurs envies et leurs amours sans sombrer dans la démission ou la culpabilité. Un livre à lire en famille.
En 1899, Isabelle Eberhardt débarque sur la terre africaine. Durant les quatre années qui lui restent à vivre, « entrée en nomadisme comme on entre en religion », la jeune femme va inlassablement parcourir le Maghreb, s'enfonçant dans les déserts, prenant tous les risques, provoquant l'indignation des colons aussi bien que l'admiration d'un Lyautey... Etait-elle une insoumise ? une aventurière ? une mystique attirée par l'Islam ? En romancière pénétrante, fascinée par son personnage, Edmonde Charles-Roux nous fait à merveille sentir les richesses de cette prodigieuse personnalité. Autour de son héroïne, elle déploie les décors grandioses, les traditions, les scandales aussi de cette Algérie coloniale, où sont déjà perceptibles la révolte et la passion religieuse qui ont, depuis lors, tragiquement écrit son histoire.
Dans Sido, la première partie du livre, Colette évoque le souvenir de sa mère tant aimée. Elle nous parle aussi de son père, « le capitaine », second mari de Sido, de sa sœur aînée, « l’étrangère », et de ses deux frères, « les sauvages », de l’amour qui unissait ses parents et de son enfance heureuse. Des confidences, des anecdotes, des dialogues sur tous les thèmes chers à Colette : l’amour, l’indépendance, la solitude, les souvenirs, les bêtes, la nature, composent Les Vrilles de la vigne, la seconde partie du volume. Grâce à ce style dru, savoureux, propre à Colette, ces récits, d’une extraordinaire poésie, sont parmi les plus beaux de notre littérature.
Ces treize saynètes à deux voix, installées dans la vie quotidienne, commencent toutes par "ça va ?" ou par "bravo !". De ces mots banals découlent des échanges amusants et rythmés qui mettent en question la pertinence des formules toutes faites. Quiproquos et jeux de mots se succèdent sans répit. 2 personnages / 1 h
RO40083773. SUR LE BORD DE LA RIVIERE PIEDRA, JE ME SUIS ASSISE ET J'AI PLEURE. 1995. In-8. Broché. Etat d'usage, Tâchée, Dos satisfaisant, Intérieur bon état. 278 pages.. . . . Classification Dewey : 860-Littératures espagnole et portugaise
Victoire ne savait nommer ses plats et ne semblait pas s'en soucier. Elle était enfermée le plus clair de ses jours dans le temple de sa cuisine, petite case qui s'élevait à l'arrière de la maison, un peu en retrait de la case à eau. Sans parler, tête baissée, absorbée devant son potajé tel l'écrivain devant son ordinateur. Elle ne laissait à personne le soin de hacher un cive ou de presser un citron comme si, en cuisine, aucune tâche n'était humble si on vise à la perfection du plat. Elle goûtait fréquemment, mais, une fois la composition terminée, ne touchait pas. Cuisinière au savoir-faire inoubliable, Victoire Élodie Quidal travaille au service d'Anne-Marie et Boniface Walberg, à La Pointe. Sa virtuosité et son excellence sont recherchées par la bonne société guadeloupéenne qui la réclame dans ses cuisines... Victoire, qui n'a pas été épargnée par le destin, connaîtra-t-elle enfin son heure de gloire ? C'est avec une affection toute particulière que Maryse Condé brosse le portrait attachant de cette femme qui fut aussi sa grand-mère.
En 2001 à New York, un professeur d'Harvard, spécialiste d'histoire afro-américaine, fait l'acquisition d'un étrange manuscrit. À l'issue d'une minutieuse enquête, il publie l'année suivante ce qui s'avère être le premier roman écrit aux États-Unis par une esclave ayant réussi à s'échapper, et très certainement le premier livre écrit par une Noire, avant même la guerre de Sécession. Ainsi, dans les années 1850, à l'époque de l'immense succès de La Case de l'oncle Tom, oeuvre d'une Blanche, une femme noire rédigeait dans l'intimité de sa chambre une autobiographie romancée qui ne connaîtrait le succès qu'un siècle et demi plus tard. Loin de la Caroline du Nord, elle avait enfin conquis sa liberté dans le New Jersey où elle était devenue institutrice au sein d'une communauté afro-américaine. Le joug s'était fait d'autant plus lourd pour la narratrice qu'elle avait pu recevoir une réelle instruction. Si son manuscrit tient du roman gothique et sentimental, s'il est fortement imprégné par la lecture clandestine de Scott et Dickens dans la bibliothèque des maîtres, c'est avec un talent bien à elle, par-delà les rebondissements de la fiction, qu'Hannah Crafts décrit l'esclavage au quotidien. «Ai-je réussi à rendre les aspects si particuliers de cette institution ?» se demande-t-elle. Il n'y a pas à en douter : Autobiographie d'une esclave nous fait directement pénétrer dans la conscience et le coeur d'une ancienne esclave qui, à la veille de la guerre de Sécession, a choisi le roman populaire pour décrire et comprendre le monde impitoyable qu'elle avait fui.
Héros de la petite ville de Tarascon, Tartarin ne rêve que d'aventure et de chasse au lion. Mais que l'Afrique est loin pour qui n'a jamais quitté sa maison ! L'intrépide chasseur s'embarque enfin : parviendra-t-il à débusquer un fauve du désert ? Personnage burlesque mais si attachant, Tartarin est le type même du Méridional hâbleur qui se dupe lui-même autant qu'il dupe les autres. Où se rejoignent cocasserie et vérité, mais « une vérité d'outre-Loire qui enfle, exagère, ne ment jamais, et tarasconne tout le temps ». Sans jamais se départir d'une réelle tendresse pour son personnage, Daudet a déployé dans Tartarin de Tarascon toutes les ressources de sa verve et de son ironie, créant ainsi l'un des plus grands types comiques de la littérature française. Edition de Marie-Ange Voisin-Fougère.
RO40124973. MADEMOISELLE LIBERTE. 2001. In-8. Broché. Très bon état, Couv. fraîche, Dos impeccable, Intérieur frais. 222 pages. Envoi manuscrit de l'auteur en page de faux-titre: 'Pour..., 'Mademoiselle liberté', ou la vie sans compromis !, Amicalement, A. Jardin'.. . . . Classification Dewey : 840.092-XXI ème siècle
Black-label est un long poème, divisé en trois parties, mais dont le propos (ainsi d'ailleurs que le refrain) est le même du commencement jusqu'à la fin. Le thème en est des plus simples : l'âme nègre, l'âme d'Afrique s'y exprime en plaintes, en chansons, en rêveries, en révoltes.Black-label pourrait se placer dans la lignée des complaintes de Prévert. Mais il s'agit ici d'un Prévert africain, nourri d'une culture et exprimant une sensibilité tout à fait différentes de celles de l'auteur de Paroles.Refrains, simplicité de l'expression, vers courts, Damas se situe à l'opposé d'un Aimé Césaire. Mais sa poésie, toute "humaine", touche infiniment. Elle fait entendre un chant émouvant et personnel.
" Les deux femmes du roman de Régine Deforges, pour bourgeoises ou rustiques qu'elles soient, et d'ailleurs d'une aristocratie naturelle, nourrissent elles aussi, avec simplicité, une passion amoureuse d'abord comblée, mais que la vie rend héroïque. Quant à la femme qui, à travers la petite fille, dit " Je ", Eros, pour elle, est aussi la passion mortelle et la jalousie meurtrière. Eclairs avant-coureurs, bien entendu : nous n'en sommes qu'à l'enfance, première étape d'une autobiographie romanesque où celle qui écrit ne fait pas très bien elle-même la part de l'imaginaire. Par là, autant que par la vivacité de la sensation, le goût de chair et de fruit, la saveur terrienne et terrestre, Régine Deforges est la fille de Colette. Yves Florenne, Le Monde"
« Tout était dévasté, consumé, calciné. C'est de cet enfer qu'allait renaître le Paradis. » Dans le décor spectaculaire de la Venise renaissante, l'immense toile du Paradis devient un personnage vivant, opposant le génie de Véronèse, du Tintoret et des plus grands maîtres de la ville. Entre rivalités artistiques, trahisons familiales, déchirements politiques, Clélia Renucci fait revivre dans ce premier roman le prodige de la création, ses vertiges et ses drames.
Cinq ans après "Sans moi", récit des démêlés d'une jeune mère de famille avec une baby-sitter déprimée et toxicomane, elle confirme par un texte sidérant d'audace son authenticité d'écrivain. En passant, sur des chapeaux de roue, du réalisme pointilliste à une vertigineuse exploration de l'inconscient. "Dragons", qui fait en quelque sorte l'éloge des femmes sachant vivre les yeux clos, libère un imaginaire peu conventionnel, orchestre une désarmante farandole de personnages tourmentés par des démons intérieurs "incorrects". Placé sous le signe des forces telluriques et des monstres qui accompagnèrent l'origine du monde, "Dragons" met en scène une meute de chiens et quelques adultes déboussolés, le temps d'un week-end, sur une île bretonne, à la Toussaint. Pascale, qui a invité là ses amis, et qui vit avec Georges, horloger, est hantée depuis l'enfance par des rêves prémonitoires, et écoute au bord d'une faille les soupirs d'un animal chimérique qui l'attire ... Dans ce huis clos qu'est l'île de Batz, chacun des protagonistes plonge dans son cauchemar ... Cette sarabande de fantasmes érotiques et de sorcelleries, dépeinte par Marie Desplechin avec naturel, comme lorsqu'elle décrit sa recette de bar au citron, trahit chez tous une douleur, un brouillage de la frontière qui sépare le possible de l'impossible. Chacun baigne dans son "univers replié" ; parfois les échos de l'imaginaire de l'un atteignent le corps, le mental de l'autre, l'agitent, le troublent, le perturbent. " Ne réveillez pas le dragon qui dort. " Telle pourrait être l'injonction que les personnages de ce livre s'adressent à eux-mêmes. Et que, bien sûr, ils refusent d'entendre. À cause de ce malentendu, chacun d'entre eux plonge dans son enfer personnel. Rêves, obsessions, hallucinations, transe, possession, tous sont victimes d'une illusion analogue. Jusqu'au moment où le cauchemar devient réalité. Dragons parle du peu de fiabilité du réel. Après l'univers intimiste de Sans moi, Marie Desplechin fait passer sur ce roman le souffle de l'imaginaire, avec une virtuosité et une force d'émotion rares.
Un étrange objet trouvé dans un volcan éteint va révolutionner tout ce qu'on croit savoir de la naissance du monde. Il est astrophysicien, elle est archéologue. Ensemble, ils vont vivre une aventure qui va changer le cours de leur vie et de la nôtre. Les romans de Marc Levy sont traduits en 41 langues et se sont vendus à plus de 17 millions d'exemplaires à travers le monde. Le premier jour est son neuvième roman.
Novembre 1945 : dans l’Allemagne vaincue, le tribunal de Nuremberg juge les criminels nazis. Léa Delmas, envoyée par la Croix-Rouge, y retrouve François Tavernier qu’elle a revu quelques mois plus tôt à Montillac. Elle s’effondre lorsque Sarah Mulstein lui raconte le cauchemar de Ravensbrück. Sarah convainc bientôt François de rejoindre le réseau de «Vengeurs» qu’elle a constitué pour traquer et exécuter les anciens nazis partout où ils se trouvent. Une chasse qui les conduira en Argentine où le régime péroniste accueille et protège les criminels de guerre. L’inoubliable saga inaugurée par La Bicyclette bleue comporte les titres suivants :1. La Bicyclette bleue 2. 101, avenue Henri-Martin 3. Le Diable en rit encore 4. Noir Tango 5. Rue de la Soie 6. La Dernière Colline 7. Cuba libre ! 8. Alger, ville blanche. Used Book in Good Condition
La Sieste assassinée : le titre résonne comme un coup de feu. Éclatant dans le silence des dimanches pluvieux et autres paix minuscules auxquelles nous avait habitués Philippe Delerm ! Mais on aurait bien tort de chercher la goutte de sang ou la moindre trace de violence, d'angoisse ou même d'inquiétude dans son nouveau recueil épicurien. Le crime a été commis à l'arme blanche : comprenez la plume toujours aussi éblouie de notre buveur de bière national. Vous n'y trouverez donc d'anxiété, de mélancolie, d'accablement qu'inventés, de souffrance, de peine, de misères qu'imaginées, évoquées dans le seul but de savourer toujours plus, toujours mieux, le moindre plaisir de tous les jours ! Un petit hic, cependant (de circonstance, certes !) : sa soif de bonheur ayant été passablement étanchée par ses goulues Gorgées de bière et autres plaisirs minuscules, Philippe Delerm s'émerveille de tout… de vraiment tout : la conquête des cœurs d'artichaut l'émoustille, la contemplation des déchets de sa poubelle (comment ne pas citer ce moment où l'épluchure d'orange s'acoquine avec la sensuelle coquille d'œuf, le tout sous la délicate pluie du marc de café !) le ravit ! Au final, on lui pardonne toutefois : ses rêveries ronsardiennes au jardin et ses interprétations savoureuses de nos comportements – dans le métro, devant un verre d'Orangina ou avec nos téléphones portables – retrouvent la fraîcheur de ses longues lampées de bière ! --Laure Anciel "Mais la minute qui compte, c'est tout à la fin. Les gestes se sont alentis, le coiffeur vous a délivré du tablier de nylon, qu'il a secoué d'un seul coup, dompteur fouetteur infaillible. Avec une brosse douce, il vous a débarrassé des derniers poils superflus. Et l'instant redouté arrive. Le coiffeur s'est approché de la tablette, et saisit un miroir qu'il arrête dans trois positions rapides, saccadées : sur votre nuque, trois quarts arrière gauche, droite. C'est là qu'on mesure soudain l'étendue du désastre... Oui, même si c'est à peu près ce qu'on avait demandé, même si l'on avait très envie d'être coiffé plus court, à chaque fois on avait oublié combien la coupe fraîche donne un air godiche. Et cette catastrophe est à entériner avec un tout petit oui oui, un assentiment douloureux qu'il faut hypocritement décliner dans un battement de paupières approbateur, une oscillation du chef, parfois un "c'est parfait" qui vous met au supplice. Il faut payer pour ça". L'angoisse qui vous prend lorsque le coiffeur a fini son travail, et qu'horrifié par votre nouvelle tête, vous le remerciez douloureusement avant de payer. Le hasard que l'on invoque pour justifier qu'on a regardé une émission populaire à la télé. Ces voisins que l'on ne salue jamais à la boulangerie, et que l'on croise avec embarras lors d'un week-end à Londres. Grand maître du court récit, l'auteur de La Première Gorgée de bière saisit la puissance des détails, de la beauté sensuelle d'une fleur à nos petites faiblesses sociales et quotidiennes. Il nous livre ici un florilège de trente-six clichés, de l'atmosphère de Roland-Garros sous la pluie, aux créatures microscopiques qui se promènent sous les paupières closes au soleil. Autant de petites vérités, à déguster dans l'ordre et le désordre, pour y revenir. Delerm, c'est sur la joie d'écosser des petits pois qu'il écrit. Trois fois rien, des petites choses aussi simples que les mots qui les disent, cueillies à la surface d'aujourd'hui, mais assez profondes poux que chacun puisse s'y retrouver. Dans un monde de plus en plus déshumanisé, sa littérature ressemble à un refuge ... Aujourd'hui, avec "La Sieste assassinée", il dit "l'hypocrisie du genre humain, les travers minuscules, mais si bien partagés". Quelques courts textes, pleins d'humour, qui sont autant de petites madeleines, tantôt venues de la mémoire de l'enfance, tantôt contemporaines, et saisies à la surface du temps.
Philadelphie, printemps 2010 : Agatha s'évade de prison. Elle était pourtant tout près du terme de sa peine. Alors pourquoi ? Dans une station-service proche du campus, elle s'invite à bord de la voiture de Milly. C'est le début d'une cavale de cinq jours à travers l'Amérique avec le FBI à leurs trousses. Une course contre la montre pour découvrir un secret qui va changer leurs vies.
On le dit monstre, on le dit mythe. On le dit légende sortie des sources volcaniques de l'île, esprit mauvais hantant les cavernes de roche. On l'appelle le pêcheur nu, l'homme anguille. Joséphin le fou.Il est tout cela. Il est aussi l'enfant perdu que seule la mer accueille, et qui apprend, avec ses créatures, la cruauté minérale des grands fonds.Il est celui qui tente de capturer, dans le regard de deux petites filles, la goutte de paradis qui y tremble.Il est celui qui détruit par innocence meurtrière.Il est, tout simplement, Joséphin. Ananda Devi est originaire de l'île Maurice. La vie de Joséphin le fou est son septième roman.
" Qu'est-ce que je serais heureux si j'étais heureux ! " Cette formule de Woody Allen dit peut être l'essentiel : que nous sommes séparés du bonheur par l'espérance même qui le poursuit. La sagesse serait au contraire de vivre pour de bon, au lieu d'espérer vivre. C'est où l'on rencontre les leçons d'Epicure, des stoïciens, de Spinoza, ou, en Orient, du Bouddha. Nous n'aurons de bonheur qu'à proportion du désespoir que nous serons capables de traverser La sagesse est cela même le bonheur, désespérément.
Le seul reproche que l'on pourrait adresser à ce charmant roman (autobiographique, sans nul doute) de Thierry Desjardins, notre confrère du Figaro, est de ne pas sortir des 12 ans d'âge du narrateur. Mais est-ce un reproche quand on le voit prendre tant de tendre et malin plaisir à raconter par le menu ce que fut son enfance solitaire et choyée auprès d'une mère si délicieusement abusive ? Le portrait qu'il trace de cette excentrique bourgeoise et de sa propre condition décalée d' "enfant de vieux" au coeur du quartier de l'Europe est un régal constant de lecture sensible et d'émouvante drôlerie.
Journalistes, présentateurs, animateurs, acteurs, candidats de jeux télévisés, gens ordinaires tirés de l'anonymat par une caméra indiscrète ou prêts à tout pour être filmés, la télévision a bouleversé leur vie, le petit écran a fait irruption dans leur quotidien. Didier Daeninckx zappe de chaîne en chaîne avec férocité et humour pour décrire les usages et les abus d'une télévision qui n'est que le reflet de notre société...
Saviez-vous que la Lutèce des origines ne se situait pas sur l'île de la Cité, mais à Nanterre ? Que les derniers combattants gaulois massacrés par les Romains reposent sous la tour Eiffel ? Que les vestiges de la première cathédrale de Paris se trouvent sous un parking du Ve arrondissement ? Suivez Lorànt Deutsch le long des rues où se cachent des trésors insoupçonnés. Une promenade captivante, où défilent seigneurs alliés et princes rebelles, et tout ce qui a forgé le pays. Vous verrez s'ériger des murailles contre l'envahisseur, s'agiter l'Église, s'imposer les marchands, s'ébrouer les artistes, le peuple de Paris se soulever – violent, sanglant, emblématique –, et se construire ainsi toute l'Histoire de France. " Un récit enlevé de l'Histoire de France vue de Paris, entre vulgarisation et effluves d'une réelle érudition. " Libération