Un chien qui rêve
" Il avait épousé Maria Pascoal dans le but de cultiver ce qu'il y a de plus pénible dans une alliance. L'amour qui les réunissait était à la limite, presque, de l'indifférence, et cela le rendait plus fort que toutes les passions embellies de brillants prétextes, comme la beauté, la richesse et le talent. Et pourtant, c'était cette femme qui avait écrit le livre fameux que Léon avait dû revêtir comme un gant. C'est elle qui l'avait appelé Un chien qui rêve, et rien ne lui convenait mieux. Sauf dans les rares moments où il semblait bondir et gémir de joie, il restait immobile, mi-éveillé, mi-somnolent, poussant de temps en temps de petits grognements, comme s'il poursuivait une proie trop rapide et difficile ". Un récit prétexte à une fulgurante analyse du sentiment amoureux, dans lequel Agustina Bessa-Luis dessine la complexité des relations affectives, et avec sa lucidité habituelle, met à jour, grâce à son écriture lumineuse, la course de chacun après la vérité. Traduction du portugais: Françoise Debecker-Bardin C'est l'histoire d'un bourgeois apathique et solitaire. Un homme sans ambition. Un provincial qui répond au nom de Léon Geta et qui a hérité, d'un père paraplégique et grincheux, argent et hôtels particuliers. Après la mort de sa mère, de sa marâtre et de Maria Pasquale sa femme, il découvre le journal intime que cette dernière avait écrit en six ans de mariage, union marquée par l'indifférence et le désamour total. Léon Geta publie le manuscrit sous son propre nom, et la célébrité ne tarda pas à venir. Le pire, c'est qu'il ne l'avait jamais lu auparavant. Lui, comme un " chien qui rêve ", souvent endormi et retiré de la foule, vivait obsédé par la complexité de la vie et des sentiments. Cette "chose impossible", "l'amour humain", est bien le sujet de ce roman, où, avec la lucidité qu'on lui connaît, impitoyable, séduisante, et son style, classique, impeccable, Bessa-Luis met au jour les méandres des sentiments et la singulière recherche, pour chacun, de la vérité.