Alliance Française de Philadelphie Library Catalogue
Analyse: Roman historique.
Entre l'enfant penché sur l'alphabet, dans la nursery de la rue du Temple à Angers et les différents êtres en qui différents âges l'ont transformé, voici Hervé Bazin avec ses idées, ses humeurs, ses émotions, ses aveux, ses silences, ses contradictions, ses traits de caractère -et maintes anecdotes. Ses Mémoires, en quelque sorte, sous une forme un peu spéciale. En effet n'ayant jamais tenu de journal, au sens strict et seulement depuis des années jeté des notes dans un cartonnier, l'auteur a estimé qu'elles ne relevaient pas du calendrier, mais d'un classement alphabétique. Comme il dit : 'Je suis loin de mon A, j'approche de mon Z. " Voici, par le biais d'un lexique et raconté avec la verve qu'on lui connaît, une bonne part de sa vie.
Penseur iconoclaste, et non pas sociologue ou philosophe, case intellectuelle qu’il récuse, Jean Baudrillard, dans ce texte daté de 1988, se livre à une approche géo-poétique et métaphysique de l’Amérique, qu’il décrit sur un mode lyrique merveilleusement hypnotique, loin de tout travail lourdement conceptuel. On lira ainsi Amérique comme une fantasmagorie scripturaire en quête d’une sidération spécifiquement américaine à quoi s’abandonnent l’œil et le corps de Jean Baudrillard (New York et ses gratte-ciel, LA et son éclatement horizontal, le vertige de la signalétique, les motels, les highways, l’abstraction des déserts et des grands espaces, le désert culturel et la liberté inutile du pays de l’utopie réalisée, etc.). On tourne les pages lentement, on est soi-même sidéré, le Nouveau Monde nous happe, l’écriture qui le métaphorise relève d’un travail plastique sur le langage qui ne peut laisser qu’admiratif. Un choc esthétique est une chose rare dans une vie de lecteur. Lire Amérique et découvrir les dessous d’un continent fabuleux. Approcher un autre univers, un autre temps, un autre monde. Recevoir les images d’une utopie étrange qui, sans cesse, oscille entre rêve et réalité. Avec Jean Baudrillard comme guide et mentor. Amérique ou le vrai texte de la modernité. L’un des plus beaux textes de Jean Baudrillard. Un livre incontournable pour appréhender le Nouveau Monde.
"Les religieux français du Viêt-nam ne surent jamais la mort du roi Louis XVI. Ils avaient appris la situation périlleuse de la France par des navires qui faisaient escale à Saigon. Après la Noël 1792, ceux-ci ne vinrent plus : les nations d'Europe étaient prises dans la tourmente. Au commencement, les frères et les sœurs s'inquiétèrent. Ne pas savoir était pire que tout. Ils ne pouvaient imaginer la situation de leur pays. A la Noël 1793, aucun navire n'avait mouillé à Saigon depuis une année : ils comprirent qu'ils étaient oubliés." Prix du premier roman 1993 En 1787, l'évêque Pigneau de Bréhaine arme deux navires pour sauver le Viêt-nam de la guerre et de l'impiété. Après une longue et périlleuse traversée, soldats et missionnaires débarquent enfin dans l'épaisseur verdoyante et les marécages d'un nouveau monde. Ils ignorent encore qu'au bout de cette splendide quête initiatique surgiront la mort et l'oubli.
L'enfant Lucien Bonnard, le fils de « Monsieur le Consul », aban-donne la Chine pour découvrir la France. Le roman débute le jour où Lucien, seul avec sa mère, Anne Marie, débarque sur le sol de la métropole tant glorifiée par Monsieur le Consul, resté au loin. Alors l'enfant. Lucien va vivre trois mois de folie, trois mois de passion, trois mois de jalousie, trois mois de désespoir. Car il croit qu'il va avoir sa mère pour lui tout seul. Et il va sentir qu'Anne Marie lui échappe, qu'elle n'est pas là pour filer le parfait amour avec son fils mais pour mener la vie mondaine dont elle rêve. Elle n'a qu'un but : entrer dans l'intimité d'un couple célèbre qui a fait la carrière de son mari, celui d'André et d'Edmée. Elle se débarrasse d'un fils encombrant, en le faisant admettre dans la pension la plus chic de France... Lulu Bonnard « le Chinois » atteint le fond de l'humiliation et du désespoir... Anne Marie ne vient pas le voir une seule fois. Enfin arrivent les vacances. Le fils retrouve sa mère, toujours semblable et pourtant différente : elle est devenue parisienne, elle éblouit le monde de 1925, elle fascine et bouleverse son fils. Lucien Bodard brosse un superbe portrait de femme. Anne Marie... La mère, l'ambitieuse, la mondaine, Anne Marie l'incertaine, l'angoissée. Et il a écrit le plus beau et le plus douloureux roman d'amour, celui de l'amour filial. Anne Marie a obtenu le Prix Goncourt 1981.
Edition commentée en anglais + vocabulaire
L'auteur de nombreuses pièces à succès expose ses idées sur la crise des couples à l'époque actuelle : ce sont les enfants qui empêchent les mères de s'épanouir au travail. Cette théorie est exposée avec légèreté et un humour parfois grincant. Livre plaisant à lire à condition de ne pas le prendre trop au sérieux.
Avec le talent âpre et mordant, toujours lucide, qui caractérise ses romans, Hervé Bazin nous raconte dans Au nom du Fils l'histoire d'un père de trois enfants qui, malgré la quasi-certitude que son dernier-né n'est pas de lui, s'y attache terriblement et lutte pour que ses sentiments ne soient pas trop envahissants ni exclusifs. Cela l'oblige sans cesse à se remettre en question, à se juger, et sa vie, quoique médiocre, se trouve éclairée par cet amour qui lui apporte à la fois peines et joies.
Ultimo Parri est un jeune homme qui vieillit en s'efforçant de remettre de l'ordre dans le monde. Il a cinq ans lorsqu'il voit sa première automobile, l'année de la course mythique Versailles-Madrid de 1903, dix-neuf le jour de la grande défaite de Caporetto en 1917, vingt-cinq lorsqu'il rencontre la femme de sa vie, et beaucoup plus le soir où il meurt, loin de sa campagne piémontaise natale. Cette histoire-là est son histoire, qui nous emporte dans une course effrénée à travers le vingtième siècle, à laquelle l'écriture brillante et habile d'Alessandro Baricco confère une formidable vivacité, pour en faire une de ses plus belles réussites. Enfant, Ultimo Parri, fils de garagiste, assiste à l'une des premières courses automobiles du XXe siècle. Il grandira dès lors, traversant les événements de la grande et de la petite histoire (la bataille de Caporetto, l'amour d'Elizaveta) avec la seule ambition de construire un jour le circuit parfait. Le romancier italien Alessandro Baricco témoigne encore de sa maestria littéraire, multipliant les narrateurs, les styles et les époques pour faire le portrait d'un héros solitaire.
Toute la ville s'est donné le mot - la vieille Emma a pu se payer un enterrement de première clam, mais elle n'aura personne derrière son cercueil. Cet ostracisme posthume indigne le tonnelier Nicolas, car il n'est pas d'être si méprisable qui n'ait droit, une fois mort, à des égards. La ville boude ? Avec l'aide de sa femme, il la forcera bien à mettre chapeau bas. Et c'est avec la malice du temps où il était apprenti que le tonnelier monte le bateau où va s'embarquer la ville entière. Comme Nicolas, comme d'autres personnages d'Hervé Bazin, le héros de Bouc émissaire est animé d'agressives bonnes intentions. Mais l'atmosphérique est plus tragique dans son bourg partagé entre Bignons et Vernois, comme l'Italie au temps des Guelfes et des Gibelins. Il y a chez Hervé Bazin une affection marquée pour les déshérités, les maladroits, les malchanceux qui cherchent quand même à faire du monde un peu mieux que ce qu'il est. La veine satirique, l'ironie semblent parfois l'emporter dans des récits comme La Hotte, Mansarde à louer ou Monsieur le conseiller du cœur; mais l'émotion n'est jamais absente. Elle atteint la gravité dans Souvenirs d'un amnésique et le petit drame de la Clope.
Folcoche, l'héroïne de Vipère au poing, réapparaît chez son fils, après vingt ans de silence. Appauvrie, dégoûtée de la solitude, Madame Rézeau mère sort de sa tanière en ruine, " La Belle Angerie ". C'est le choc avec la jeune génération ; les enfants de son fils et surtout la sensuelle Salomé lui révèlent un monde bien différent du sien, sans principes, sans préjugés, où le qu'en-dira-t-on ne fait plus la loi. Mordant avec humour, attentif avec amour, Hervé Bazin sait faire parler la jeunesse d'aujourd'hui et redonner vie à une vieille femme avare qui découvre trop tard la joie d'aimer et celle de donner.
(recueil de nouvelles)
Un pas en avant, deux pas en arrière. Constat peu glorieux ? Fausse route dÉlisabeth Badinter dresse un état des lieux des luttes féministes. Rappelant que la différence des sexes est un fait qui ne doit pas prédestiner aux rôles et aux fonctions, Élisabeth Badinter pointe, dénonce parfois, les contradictions dun féminisme "obsédé par la problématique identitaire". Et lauteur de poser la question : quels sont les réels progrès réalisés depuis quinze ans ? À étudier de près les phénomènes sociaux et comportementaux durant les deux dernières décennies, aussi bien dans le monde oriental que dans le monde occidental, on prend conscience de la pérennité dune guerre des sexes, doublée dune renaissance des stéréotypes sexuels. Au-delà de ce constat, Élisabeth Badinter décrypte la tendance insidieuse dun nouveau féminisme qui a retrouvé les accents moralisateurs du judéo-christianisme, voire la naissance dune "bien-pensance féminine" ou – pire – une dérive dun féminisme guerrier. Quon ne se trompe pas : la guerre des sexes a toujours lieu. Élisabeth Badinter rappelle que "lindifférenciation des sexes nest pas celle des identités. Cest au contraire la condition de leur multiplicité et de notre liberté". --Denis Gombert ?"Les stéréotypes d'antan, pudiquement appelés nos repères , nous enfermaient, mais nous rassuraient. Aujourd'hui, leur éclatement en trouble plus d'un. Bien des hommes y voient la raison de la chute de leur empire et le font payer aux femmes. Nombre d'entre elles sont tentées de répliquer par l'instauration d'un nouvel ordre moral qui suppose le rétablissement des frontières. C'est le piège où ne pas tomber, sous peine d'y perdre notre liberté, de freiner la marche vers l'égalité et de renouer avec le séparatisme. Cette tentation est celle du discours dominant qui se fait entendre depuis dix ou quinze ans. Contrairement à ses espérances, il est peu probable qu'il fasse progresser la condition des femmes. Il est même à craindre que leurs relations avec les hommes se détériorent. C'est ce que l'on appelle faire fausse route", É. B. Élisabeth Badinter est notamment l'auteur de L'Amour en plus, de L'Un est l'autre et de XY. De l'identité masculine. Son nouveau livre décoiffe. Une fois de plus, Elisabeth Badinter nous surprend en dénonçant violemment le féminisme actuel. Et s'insurge contre une nouvelle chasse à l'homme. ... L'accusation est sévère et le constat terrible : les féministes qui s'expriment aujourd'hui se trompent ! Selon la philosophe, les débats, les enjeux et les luttes des militantes sont totalement inadaptés. Pire : leur combat irait jusqu'à nuire aux femmes et à freiner la marche vers l'égalité. "La raison première du féminisme, toutes tendances confondues, est d'instaurer l'égalité des sexes et non d'améliorer les relations entre hommes et femmes." Quels sont les progrès accomplis depuis quinze ans ? Elisabeth Badinter s'insurge contre la régression du discours féministe médiatisé. Sa réflexion fait mouche et impose un nouveau débat dans notre société. Fausse route : Réflexions sur 30 années de féminisme
Ce sont des femmes, Martine, Simone, Christelle, Blandine et d'autres. Des femmes qui attendent, cinq minutes ou des années, que quelqu'un arrive, qu'une fenêtre s'ouvre, que le temps passe ou que la vie change. Elles ont dix, vingt, cinquante ou quatre vingt-dix ans, elles attendent sans rien faire, ou déclenchent des tempêtes, tendues vers tout à l'heure. Et si c'était différent ? Et si c'était pareil ? Créé par l'Atelier Imaginaire, le prix Prométhée récompense sur manuscrit un recueil de nouvelles. Il est décerné par un jury international francophone.
"Je m'appelle Renée, j'ai cinquante-quatre ans et je suis la concierge du 7 rue de Grenelle, un immeuble bourgeois. Je suis veuve, petite, laide, grassouillette, j'ai des oignons aux pieds et, à en croire certains matins auto-incommodants, une haleine de mammouth. Mais surtout, je suis si conforme à l'image que l'on se fait des concierges qu'il ne viendrait à l'idée de personne que je suis plus lettrée que tous ces riches suffisants. Je m'appelle Paloma, j'ai douze ans, j'habite au 7 rue de Grenelle dans un appartement de riches. Mais depuis très longtemps, je sais que la destination finale, c'est le bocal à poissons, la vacuité et l'ineptie de l'existence adulte. Comment est-ce que je le sais? Il se trouve que je suis très intelligente. Exceptionnellement intelligente, même. C'est pour ça que j'ai pris ma décision : à la fin de cette année scolaire, le jour de mes treize ans, je me suiciderai. " Muriel Barbery est née en 1969. L'élégance du hérisson est son deuxième roman. Le précédent, Une gourmandise, est traduit en douze langues.
Toujours plus vive, la lueur tourne à l'orange, son centre devient éblouissant et, soudain, fuse, monte en torche, livre au vent de longs effilés rougeoyants... Le feu ! Plus de doute. C'est le feu. La silhouette balance et frémit. Mais l'homme se redresse aussitôt, se carre sur ce plan de ciel embrasé, dans une espèce de gigue... on dirait qu'il brûle lui-même avec joie, ou, mieux, que la flamme se dégage de lui, qu'il la souffle, poitrine pressée à pleins bras. " Portrait d'un incendiaire, L'Huile sur le feu est un des romans les plus beaux et les plus émouvants du grand écrivain Hervé Bazin.
Dès la première phrase, vous entrez dans le livre, ce livre que vous écrivez en le lisant et que vous finirez par ramasser sur la banquette du train qui vous a conduit de Paris à Rome, non sans de multiples arrêts et détours. Le troisième roman de Michel Butor, paru en 1957, la même année que La Jalousie d'Alain Robbe-Grillet, Le Vent de Claude Simon et Tropismes de Nathalie Sarraute, reçut d'emblée un excellent accueil de la critique. Couronné par le prix Renaudot, traduit dans vingt langues, c'est encore aujourd'hui le plus lu des ouvrages du Nouveau Roman. En postface, « Le réalisme mythologique de Michel Butor » par Michel Leiris. Used Book in Good Condition
Jean Rezeau a beau être maintenant éloigné de sa mère, la terrible Folcoche, sa tyrannie le poursuit. Des années de haine ne l’ont pas préparé à l’amour et il faudra qu’il fasse son apprentissage. A travers différentes expériences, Jean s’y appliquera et, peu à peu, il découvrira le bonheur. La cruauté de l’analyse, le cynisme émouvant du héros et l’acidité du style font du roman d’Hervé Bazin un des meilleurs réquisitoires contre un certain type d’oppression familiale.
Dans l'immense paysage gelé, les membres des Expéditions Polaires françaises font un relevé du relief sous-glaciaire. Un incroyable phénomène se produit : les appareils sondeurs enregistrent un signal. Il y a un émetteur sous la glace... Que vont découvrir les savants et les techniciens venus du monde entier qui creusent la glace à la rencontre du mystère ? " La nuit des temps ", c'est à la fois un reportage, une épopée mêlant présent et futur, et un grand chant d'amour passionné. Traversant le drame universel comme un trait de feu, le destin d'Elea et de Païkan les emmène vers le grand mythe des amants légendaires.
«C'est par incapacité de vivre que l'on écrit. C'est par nostalgie d'un Dieu que l'on aime. Un livre, c'est un échec. Un amour, c'est une fuite. Nous ne pouvons entreprendre que de biais, nous ne pouvons vivre que de profil. Nous ne sommes jamais où nous croyons être. Notre désir est voué à l'errance. Notre volonté est sans poids. Parfois quand même, on approche quelque chose. Parfois quand même on reçoit des nouvelles de l'éternel. Le battement des lumières sur un visage. La tombée de la foudre dans une encre.» " Ce n'est pas pour devenir écrivain qu'on écrit. C'est pour rejoindre en silence cet amour qui manque à tout amour. " C.B.
L'adolescence d'Arthur Gérane, fils d'un juge d'instruction austère, qui porte en lui une lourde hérédité maternelle, ne fut que fugues, vagabondage, rapines. Le cambriolage effectué chez son père et la mise à sac de ses dossiers le conduit à l'asile d'aliénés. Dès lors, pris dans l'engrenage infernal: internements, évasions, il ne pourra plus échapper à son pitoyable destin. Dans ce roman bouleversant, au style cinglant et imagé, c'est tout le drame de l'hérédité qui est exposé. C'est aussi une peinture sans complaisance des maisons de santé et de détention.
L'épidémie ! ce que craignait par-dessus tout le Dr Alleaume est arrivé. La sur-grippe, la tueuse dont le grand biologiste recherche le vaccin depuis des années, a fondu sur un monde livré sans défenses ni frontières à ses ravages. Le héros de ce roman n'imaginait pas que la science puisse lui offrir, un jour, un rôle d'apprenti sorcier. Aurait-il lui, le savant, hâté le désastre en cherchant à le rendre impossible ? A travers un prodigieux récit qui ne ménage aucun répit, c'est sur un problème très actuel que se penche une fois encore le romancier. Dieu, est-il dit, créa le monde en six jours. Le septième, il se reposa. Le huitième, il chassa Adam et Eve du Paradis terrestre. Nous vivons ce neuvième jour où, qui sait ? l'hommme, prenant la place de son créateur, risque de détruire la création.
Le narrateur allait avoir vingt-cinq ans lorsqu'il quitta Buenos Aires, les poches vides, persuadé que son destin l'attendait en Europe et que, pour tenir debout, il lui fallait apprendre à tomber. À l'aube du 18 mars 1955, le paquebot atteignait le port de Naples.Au fil des pages, la mémoire ramène les aventures et les personnages de la plaine argentine où il est né. Hier serait-il toujours là ? Voici Naples, sa misère, sa joie de vivre, et son Christ voilé. Voici Rome bruissante de sa dolce vita, qu'il traverse en solitaire, sans moyens, affamé. Voici l'Espagne de Franco. Et, enfin, voici Paris où l'attend un autre voyage qu'il fera à son insu : le passage de sa langue d'enfance, l'espagnol, à la langue française... Used. Very Good conditions. May have soft reading marks and name of the previous owner.
Le 8 décembre 1995, brutalement, un accident vasculaire a plongé Jean-Dominique Bauby dans un coma profond. Quand il en est sorti, toutes ses fonctions motrices étaient détériorées. Atteint de ce que la médecine appelle le " locked-in syndrome " - littéralement : enfermé à l'intérieur de lui-même -, il ne pouvait plus bouger, manger, parler ou même simplement respirer sans assistance. Dans ce corps inerte, seul un œil bouge. Cet œil - le gauche -, c'est son lien avec le monde, avec les autres, avec la vie. Avec son œil, il cligne une fois pour dire " oui ", deux fois pour dire " non ". Avec son œil, il arrête l'attention de son visiteur sur les lettres de l'alphabet qu'on lui dicte et forme des mots, des phrases, des pages entières... Avec son œil, il a écrit ce livre : chaque matin pendant des semaines, il en a mémorisé les pages avant de les dicter, puis de les corriger. Sous la bulle de verre de son scaphandre où volent des papillons, il nous envoie ces cartes postales d'un monde que nous ne pouvons qu'imaginer - un monde où il ne reste rien qu'un esprit à l'œuvre. L'esprit est tour à tour sarcastique et désenchanté, d'une intensité qui serre le cœur. Quand on n'a plus que les mots, aucun mot n'est de trop.