Avec un titre aux relents provocateurs, Marie Nimier ne pouvait pas moins commencer sur les chapeaux de roues. Point de départ de cette Nouvelle Pornographie, un prospectus publicitaire pour une planche à repasser. À nouvelle planche révolutionnaire, nouvelle utilisatrice, nouvelle ménagère, affranchie, libérée, très libre même. Juste ce qu'il faut pour recevoir dans son petit appartement, en compagnie de sa meilleure amie, Aline, le directeur de la société des planches à repasser et son manoeuvre pour une joyeuse et torride partie sexuelle. La dérive est surtout littéraire, crue et imagée, l'exercice est celui d'un auteur, Marie Nimier, elle-même. Et le livre de s'écrire ainsi sous les yeux du lecteur et sous la commande d'un éditeur, entre rêves et réalités. Il s'agit "d'initier un courant original, quelque chose qui serait à la pornographie ce que la nouvelle cuisine est à l'ancienne, moins chargée. Moins sauçue. Plus inventive... En somme, et à vrai dire, faire du neuf avec du vieux, du fric avec du foutre". Rien de moins, mais c'est déjà beaucoup pour un écrivain passablement en manque de fantasmes... Jeu de l'auteur avec lui-même, jeu des possibles littéraires, La Nouvelle Pornographie de Marie Nimier est surtout une quête de l'amour, en toute simplicité. --Céline Darner Sciemment ou pas, le nouveau roman de Marie Nimier s'affiche comme une réponse satirique à la mode du roman-transgression. Son héroïne, une certaine Marie Nimier, d'ordinaire experte dans l'art de "suggérer", sans "entrer dans le vif du sujet", se voit commander par un éditeur un texte pornographique. Etranglée par ses petites horreurs économiques (le loyer, les factures, les dettes) elle se paye l'audace d'écrire cru, de se faire "du fric avec du foutre" pour "remplir le frigo". Mais en essayant de ne pas y perdre son âme : si elle s'abaisse à prêter sa plume à diverses figures de "froc froissé", c'est sans pseudo, pour initier une pornographie inventive, cautionnée "par un regard femelle". Avec de nouveaux codes ... Récit en trompe l'oeil, "La Nouvelle Pornographie" entend mettre à nu les angoisses de l'écrivain face à ses sursauts d'enfance, aux dangers de l'exhibitionnisme, aux cynismes marchands et aux ambiguïtés inhérentes à la jouissance d'écrire. Marie Nimier, écrivain, accepte un marché avec un éditeur. Elle entreprend l'écriture d'un recueil de nouvelles pornographiques et, en retour, elle reçoit des cachets susceptibles de remplir son frigo. Avec sa meilleure amie et colocataire, Aline, jeune femme libérée et délurée, Marie cherche à déclencher un courant littéraire qui serait à la pornographie ce que "la nouvelle cuisine est à l'ancienne". Marie Nimier sait dérouter son lecteur en mêlant le texte du roman à celui des nouvelles que rédige son personnage, mais aussi en intégrant au récit des données autobiographiques et en changeant fréquemment d'angle, passant de l'écriture de survie, de son cynisme, à l'amour déçu. Admirablement maîtrisé, un livre qui pose aussi la question du processus de création et d'écriture. " - Nous allons initier un courant original, Marie, quelque chose qui sera à la pornographie ce que la nouvelle cuisine est à l'ancienne. Moins chargée, moins sauçue, plus inventive... L'éditeur riait en se frottant les mains, il était emballé, conquis par son propre titre. Il déchira une page de son carnet et me la tendit. - Vous imaginez la couverture, un aplat de couleur mate, du rose peut-être, un rose chair, et l'impact de ces mots ? L'éditeur avait écrit : " La Nouvelle Pornographie ". La couverture, je la voyais, mais ce que j'avais du mal à imaginer, c'étaient mon nom de famille et mon prénom accolés à ces vingt-deux lettres. Et la tête de ma mère. " Gabriel Tournon, éditeur, passe commande à Marie Nimier d'un texte qui renouvelle le genre de la littérature pornographique... Un roman à la première personne du singulier.